
The Body Remembers / Sanctuaire
The Body Remembers/Sanctuaire (2014-18) était un projet artistique interdisciplinaire mené par quatre artistes en danse, théâtre, arts visuels et vidéo, en collaboration avec des résidentes du Foyer des femmes autochtones de Montréal. Ce projet, qui s’est déroulé en plusieurs phases d’expérimentation, de recherche et de création, a fait l’objet d’une présentation d’une partie des œuvres à la galerie Oboro en 2017.
Le projet aborde deux thèmes centraux, le corps comme sanctuaire et le corps comme conteur, en réponse à la situation de vie précaire que vivent ces femmes. Le sanctuaire symbolise le refuge, là où on se sent en sécurité et en paix. Ce projet approfondit cette notion en explorant les endroits du corps où l’on peut trouver ou créer un sentiment de sanctuaire, que ce soit dans un mouvement, un souvenir, une sensation, un son ou une image. Au-delà de l’individu, la quête du sanctuaire est reliée au besoin d’éprouver un sentiment d’appartenance et de trouver sa place dans la société.
Le corps comme conteur vient étayer la notion de refuge, car il offre un cadre dans lequel celui-ci peut exister. En connaissant notre histoire personnelle, nous savons où nous nous situons dans le tissu des relations humaines. Ce thème porte sur la manière dont les traces de la culture et de l’histoire demeurent dans le corps, sur l’idée que le corps est porteur de mémoire et que les souvenirs se transmettent d’une génération à l’autre à travers le corps. Il s’agit de définir qui l’on est et son sentiment d’appartenance à travers ces traces, qui se révèlent par nos mouvements, nos gestes et la manière dont nous interagissons avec les autres et notre environnement. À travers l’exploration de différents médiums, les artistes et les participants rassemblent, partagent et documentent des histoires et des expériences personnelles. Chaque discipline apporte une texture différente à la forme créative qui émerge et révèle différentes couches de sens liées à l’histoire particulière racontée. Les histoires qui se dessinent sont celles de la perte, du rétablissement, de l’abandon, du soutien, de la violence, de la sécurité, de l’amour et de la résilience face à de nombreux obstacles qui semblent insurmontables.
Idée originale:
Reena Almoneda Chang
Artistes-collaboratrices/facilitatrices:
Reena Almoneda Chang (danse/choréographie)
Emilie Monnet/Onishka (performance interdisciplinaire)
Dayna Danger (art visuel)
Melissa Morris (art visuel)
En collaboration avec:
Les résidentes du Foyer pour femmes autochtones de Montréal
Partenaires:
Conseil des Arts du Canada (CAC)
Conseil des Arts de Montréal (CAM)
Productions Onishka
« Dans ce projet, on explore certains concepts qui font partie de ma propre pratique artistique comme le métissage de diverses esthétiques culturelles, la rencontre entre les expériences personnelles et les enjeux globaux et sociaux, et surtout l’exploration du corps comme contenant de mémoire et conteur de l’histoire de l’individu. »
« J’espère que ce projet, cette expérience, donnera aux femmes la possibilité d’exprimer un aspect de leur vécu qu’elles n’ont peut-être pas eu l’opportunité d’exprimer ailleurs. D’après mon expérience, le processus créatif nous permet parfois de transformer notre manière de voir, de vivre et d’interagir avec le monde. Même si la priorité des femmes est de récupérer leur vie et de guérir d’expériences vécues très difficiles, mon espoir est qu’elles puissent découvrir de quelle manière une expérience artistique peut être un outil de transformation personnelle. »
R. Almoneda Chang, en entrevue avec l’équipe de médiation culturelle de la Ville de Montréal, mars 2016


